#61 – hét-lag

Bonjour bonjour, c’est la Mère Noëlle qui vient avec plein de liens et de nouvelles dans vos boîtes mail !

Puisse ce numéro 61 vous apporter masse de films à regarder, de podcasts à écouter, de livres à rajouter à votre pile à lire déjà colossale.

Le but de cette newsletter est de vous sauver du hét-lag, cette sensation de fatigue et de confusion qui nous tombe dessus quand on passe trop de temps avec des personnes de type hétérosexuel. Similaire au jet-lag dans le ressenti, c’est une passade assez inévitable si, comme moi, vous passez les fêtes de Noël en famille. On est ensemble.


Livres

  • Le Landerneau littéraire lesbien est en émoi ! Autrice jeunesse et star de cet article de Libé, Anne-Fleur Multon sort le 5 janvier 2022 Les Nuits Bleues, un roman infiniment lesbien – pour adultes cette fois. Précédé d’un excellent buzz dans les communautés lettrées et renseignées, le livre est délicieusement poétique et sacrément innovant par sa forme. Le blurb de Pauline Delabroy-Allard (Ça raconte Sarah) annonce “un roman d’amour indispensable” et on notera que le love interest de ces nuits bleues s’appelle, elle aussi, Sara. Bonus : les Breizhbiennes seront ravies.
  • Parmi les nouveautés du début d’année, on compte le désormais traditionnel opus auto-ficitonnel de Constance Debré – toutes les années paires ! Celui-ci s’appelle Nom, sort chez Flammarion et devrait se pencher sur son (lourd) héritage familial. Le résumé démarre par ces mots “J’ai un programme politique…” Vivement.
  • Joe le taxi, rendue célèbre par Vanessa Paradis, était une figure des nuits lesbiennes des 70’s – 80’s. Un livre écrit par sa compagne, Johanne Gabriel, raconte son histoire, entremêlée à celle de Chez Moune, légendaire club lesbien de Pigalle. Pour se mettre l’eau à la butch, une interview qu’elle a donnée à Brain Matin.
  • Quoi de meuf, célèbre podcast féministe, devient un livre qui nous propose 100 œuvres cultes à connaître quand on est féministe. Avec plein de Gouinistan dedans : Hannah Gadsby côtoie Carol et Akerman, ça donne envie de revoir Rafiki et The Watermelon Woman tout en lisant Alice Coffin et Sarah Waters (ci-dessous)
  • Le roman de Fatima Daas, La Petite Dernière, est traduit dans plusieurs pays et vient de sortir aux Etats-Unis. L’occasion d’un bel article dans le New York Times, la classe. (On embrasse Nina Bouraoui au passage.)
  • On notera les sorties en poche des chefs-d’œuvres d’Alison Bechdel, Fun Home et C’est toi ma maman ? (déjà dispos) Ainsi que celui d’Alice Coffin, le Génie Lesbien, le 2 février 2022 en Livre de Poche.

Écrans

  • J’en ai un peu honte, mais j’adore Sex And The City. Je sais qu’elle est problématique, ultra blanche et complètement hétéro-centrée, mais je l’adore. Cette séries est à la source de pas mal de mes problèmes, des innombrables straight girl crushes à la certitude qu’il faut absolument vivre au-dessus de ses moyens. Néanmoins, la relation en saison 4 entre Samantha et Maria (interprétée par Sônia Braga qui est une sorte de déesse du cinéma brésilien chic) est gravée dans ma mémoire car j’y ai appris l’existence des strap-on et du squirting. Et dans l’épisode 6 de la saison 2, j’ai découvert avec délice, comme Charlotte, les lesbiennes puissantes de l’art.
Croyez-le ou non, ces personnages ont inspiré celui de Bette dans The L Word.
  • Le reboot And Just Like That… a débuté sur HBO Max (et sur Salto en France) avec, en nouveauté majeure, Che, “diva queer non-binaire Irlando-mexicaine” magnifiquement interprété·e par Sara Ramirez. Parce qu’en 2021, faire une série 100% hétéro, ce n’est heureusement plus possible. Il faut dire aussi qu’entre la fin de la série originale et maintenant, Cynthia Nixon (qui joue Miranda) a fait son coming out et épousé une femme. Rien ne sera dit ici sur les trois premiers épisode qu’on a vus, si ce n’est que je suis ravie.
J’ai de forts sentiments pour ces personnes.
  • Harlem, une nouvelle série sur Prime Vidéo, est évidemment une descendante de Sex And The City x Insecure : un groupe de quatre copines noires, leurs amours, leurs dramas, leur boulot. L’une d’elles, Tye, est lesbienne. Elle a créé une appli de rencontre pour queer racisé·es. Ce pitch prometteur méritait mieux, mais la série se laisse tout à fait regarder entre deux repas de Noël.
  • Toujours sur Prime Vidéo, Tampa Baes : un show de télé-réalité sur des lesbiennes de Tampa (Floride, USA). C’est NUL. Mais nul comme les Pringles : tu sais que c’est infâme et que tu es en train de manger du carton chimique trop salé, mais tu finis le paquet. Et tu vas en racheter. Et tu regarderas la prochaine saison. Un seul mérite : me faire réaliser que les dramas du Gouinistan parisien sont beaucoup plus croustillants.
  • Un peu de mal à comprendre cet article du NYT qui se réjouit d’une meilleure représentation des lesbiennes à l’écran en parlant de… Killing Eve ?!
Toujours est-il que Camille Cottin sera de retour dans la saison 4.
  • Andréa Martel ne sera bientôt plus la seule héroïne lesbienne dans une série française, et c’est peut-être la meilleure chose qu’on peut attendre de 2022 : Iris Brey, apôtre du regard féminin puis lesbien, prépare une série pour Canal +. Elle s’appelle Split, “puisqu’il sera question de séparation et de split screen”, nous explique l’autrice. Le pitch ? Anna, une cascadeuse de 30 ans, va tomber amoureuse d’une actrice connue sur un tournage. Une histoire qui n’est pas sans rappeler celle, réelle, de Kiersey Clemons, actrice de Dope et d’Antebellum, tombée amoureuse de sa doublure sur le tournage d’un film d’horreur.
  • Il est également question de split screens dans ce gigantesque papier (8 pages) du New Yorker sur Kristen Stewart, “la star la plus intéressante de sa génération”. Le split screen serait-il lesbien ? Kristen ne répond pas, mais explique qu’elle veut “fuck with a split screen” dans le film qu’elle prépare, The Chronology of Water. Well, puis-je être le split screen ? Elle parle aussi d’une émission de télé-réalité où il sera question de chasse aux fantômes queer et des jolies choses – je n’ai pas plus de réponses que vous. Et elle jouera dans l’adaptation en série d’Irma Vep, le film d’Olivier Assayas.
  • En attendant, nous pourrons la regarder dans Spencer, où elle interprète Lady Di, à partir du 17 janvier sur Prime Vidéo. Les premières critiques parlent d’un “film d’horreur”, d’une image magnifique confectionnée par Claire Mathon et d’une interprétation remarquable par Kristen Stewart.
  • Happiest Season, le premier film lesbien de Noël, fête son premier anniversaire et Aubrey Plaza (la très remarquée Riley) laisse échapper des rumeurs de 2e volet.
  • Couronnée de l’OUT d’or du Coup d’éclat artisitique pour La Fracture, Catherine Corsini prépare déjà son prochain film : La Loi du plus fort. Co-écrit avec Naila Guiguet (Dustin), le film abordera la question de l’ascension sociale, saupoudrée d’un peu de lesbianisme.
  • A voir sur Netflix, le beau film Passing (Clair-Obscur en VF) avec Tessa Thompson, Ruth Negga et du sous-texte lesbien.
  • A défaut de voir Adèle Haenel dans un nouveau film, on peut écouter sa voix nous narrer le beau documentaire Retour à Reims, à voir en ce moment gratuitement sur arte.tv.
  • Toujours sur arte.tv, un court-métrage délicieusement kitsch & queer : Les Démons de Dorothy. Pour se moquer très fort des carcans du cinéma français.
  • La série britannique Vigil arrive sur Arte, meilleurs alliés, le 6 janvier : sur fond d’enquête dans un sous-marin, une love story entre Suranne Jones (Gentleman Jack) et Rose Leslie (Game of Thrones, Downton Abbey, The Good Fight).
  • La série néerlandaise Anne+ est devenue un film, bientôt diffusé sur Netflix.
  • Idée de date avec votre crush-arty-intello-cinéphile : la galerie Marian Goodman à Paris propose une exposition Chantal Akerman jusqu’au 5 février 2022. Je, tu, il, elle, l’installation, créée en 2007, est inédite en France

Radio & podcasts

  • Catherine Corsini, encore elle, nous parle de ses désirs d’une sexualité plus aventureuse dans Et sinon. (Je balance ça comme ça parce que moi non plus j’étais pas prête.)
  • Dans cet épisode de Tous en scène, on écoute la divine Rebecca Chaillon répéter son spectacle, Carte noire nommée désir.
  • En attendant de pouvoir voir le documentaire britannique Rebel Dykes, qui raconte les vies lesbiennes, punk et féministes à Londres dans les années 80, on peut écouter le podcast.
  • Inspirée par le livre Les dessous lesbiens de la chanson de Léa Lootgieter & Pauline Paris (Editions iXe, 2019), Lorena DJ LAP nous propose une série de podcasts : Chanter les amours lesbiennes.
  • L’interview de Céline Sciamma par Marie Richeux dans Par les temps qui courent était l’un des plus beau temps de la promo de Portrait de la jeune fille en feu. C’est Noël : la réalisatrice sera de nouveau invitée dans l’émission pour parler d’enfance. Diffusion le 21 décembre (ce soir, oui).
  • Récompensés du OUT d’Or de la révélation (co-prix avec Lexie), Les Contes et légendes du Queeristan de Jo Güstin accompagnera merveilleusement vos soirées au coin du feu.

Vrac

  • Le Front d’Habitat Lesbien (FHL) est un collectif qui œuvre à trouver des solutions d’hébergement pour les lesbiennes et personnes trans en situation d’urgence. Une première colocation de lesbiennes exilées est déjà sur pieds, et pour la suite, on peut les aider en donnant à la LIG.
  • Les butchs et leurs cheveux, une longue histoire (pas comme leurs mèches) racontée par une concernée dans le Guardian
  • Des photos de la communauté lesbienne de San Francisco dans les années 90.
  • Autre bonne raison d’attendre 2022 : l’icône Fran Lebowitz fera un passage en France ! Probablement pour une conférence le 11 mars, probablement dans un MK2 (mais je ne vous ai rien dit.)
  • Pas sûre d’avoir assez fait la pub des OUT d’Or dans cette newsletter, donc j’en remets une couche : cette année encore, les OUT d’Or ont fait fort – la cérémonie était belle, brillante, politique et émouvante. Pour la première fois, une lesbienne a gagné le prix de la Personnalité de l’année : bravo Barbara Butch 🎊
PARIS, FRANCE – DECEMBRE 2021 – Cérémonie des Out d’Or 2021 (Photo: Camille Richer/AJL)
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