#41 – purple reines

Bonjour les ami·e·s,

Quand la nouvelle est tombée, j’ai fait peur à tout le monde au travail en poussant une interjection de stupeur derrière mon ordinateur. La cause ? Un tweet.

J’ai rarement cliqué aussi vite sur un lien. L’article a confirmé la bonne nouvelle : il va y avoir une série inspirée du Pulp, ce club lesbien mythique qui a permis à moult lesbiennes de découvrir la vie et la nuit entre 1997 et 2007. Je l’ai déploré à de.nombreuses.reprises : j’ai personnellement loupé cette période, trop occupée que j’étais à, euh, être scolarisée.

Aujourd’hui, on a nos Wet et notre Rosa, mais le Pulp avait l’avantage d’être un club fixe sur les Grands Boulevards, et de proposer toutes les semaines des soirées lesbiennes. Les aînées du milieu – et même parfois les hétéros – nous en parlent comme d’un lieu de débauche, d’amour, de musique, de fêtes inoubliables. Là où elles ont roulé leurs premières pelles. Elles nous parlent des personnages hauts en couleur qui peuplaient le lieu, comme Yvette la dame pipi.

Étant donné que ce club a l’air d’être un idéal indépassable et que je suis très sensible à la nostalgie d’époques que je n’ai pas vécues, je fantasmais régulièrement sur des dispositifs me permettant de revivre ce Pulp plus ou moins par procuration. J’ai même pensé à de la réalité virtuelle. Mais là on va avoir une SÉRIE. “série” + “lesbienne” = IS THIS LE FRENCH THE L WORD ? La hype est beaucoup trop forte, j’ai des bouffées de chaleur.

© Mother Production

Pour se refroidir, mettons deux-trois choses au clair :

  • Le Purple, le club qui donnera son nom à la série, est « loosely inspired » du Pulp. De la fiction, donc.
  • Si j’ai bien appris quelque chose depuis que je fais cette newsletter, c’est que dans le monde du cinéma et des séries, il ne faut SURTOUT PAS compter en temps lesbien. Par conséquent, tout semble très long. Je m’explique : quand tu es avec ta copine depuis 2 mois, vous avez déjà un chat, un appart, alors que dans le monde hétéro, ces étapes prennent minimum 4 ans. Ainsi, on a commencé à entendre les rumeurs d’un reboot du L Word en mai 2017 (newsletter #2 !). Presque deux ans plus tard, les épisodes ne sont toujours pas sous nos yeux. Purple ne verra probablement pas le jour en 2019 (ça tombe bien, il faut déjà qu’on s’occupe de Vernon Subutex, du film de Sciamma et du sus-cité L Word rebooté, ne me donnez pas trop de travail d’un coup merci bien.)
     
  • On est tellement au tout, tout début du projet qu’aucune chaîne n’a encore acheté la série Purple, elle va être pitchée à SériesMania. Pas d’inquiétude, si aucune chaîne classique n’en veut, créons la nôtre : Gouinistan TV. Ou Sapphix, un service de streaming à la demande sur abonnement. Mais je m’égare.

La saison 1 serait composée de 8 épisodes de 40 minutes. L’histoire va tourner autour de cinq héroïnes : Diane, Manu, Rebecca (une prof de littérature, c’est déjà mon personnage préféré), DJ Zoé et Samia. À la fin de la saison 1, le club s’ouvre aux hommes.

Le projet est porté par deux boîtes de productions :

  • Silex Films, qu’on adore déjà car ce sont elles qui ont fait Connasse (donc qui ont trouvé Camille Cottin) et qui préparent la série d’animation Culottées, adaptée de la BD de Pénélope Bagieu. En outre, ces productrices sont des figures de proue du Collectif 5050×2020 et au moins l’une d’elles a une très jolie voix ❣️ (Hein quoi un crush moi non pas du tout)
  • L’autre boîte est Mother Production, qui produit Dix Pour Cent, ce qui m’inquiète un peu plus car à tous les coups ils vont nous coller une intrigue avec un personnage nommée Colette, l’experte-comptable du club.
     

Quoi d’autre ?

  • Après les bouffées de chaleur, les bouffées de haine. L’examen de la loi bioéthique – et donc l’extension de la PMA pour toutes – est repoussé à 2020. Ce foutage de gueule commence sérieusement à se voir.
  • Revenons à des sujets plus réjouissants, comme par exemple LES PODCASTS. Le dernier épisode de Dans le Genre avec Claire Burger a coché toutes les cases pour bouleverser mon Top 3 des meilleurs épisodes ever :
    • l’invitée est une réalisatrice
    • issue de la Fémis
    • il y a une référence au Pulp, quel délice.

On note donc que son film C’est ça l’amour sortira le 27 mars, que ce sera un peu lesbien et qu’il y aura Bouli Lanners, on aime déjà.

  • Constance Debré a donné une chouette interview à Manifesto XXI. Mais c’est quand le prochain livre ?
  • La géniale série Broad City était déjà très queer mais elle le devient encore plus en saison 5 grâce à Clea Duvall, qui est décidément la Fairy Gouinemother des écrans américains.
  • Barbara Hammer est la première réalisatrice lesbienne out aux Etats-Unis à avoir filmé des lesbiennes. J’ai beaucoup aimé cet article de Barbi(e)turix. Elle a réalisé des films aux titres aussi évocateurs que Dyketactics, Superdyke ou Women I Love. Dans un long entretien avec le New Yorker, elle parle de sa maladie, de sa fin de vie, mais aussi de comment elle a découvert qu’elle était lesbienne (en écoutant la radio), de sa rencontre avec sa compagne (nues) et de son amour pour les vieilles femmes.
  • Je refuse d’accepter le fait que le tournage d’Orange Is The New Black soit terminé pour toute la vie. Les actrices ont toutes posté des photos / vidéos toutes émues. Mes préférées ? Celles de Natasha Lyonne. La saison 7 devrait arriver en juin.
  • Ce mercredi sort Captain Marvel, ce qui m’excite autant qu’un flan flétri à la cantine, mais il n’est pas impossible que ça envoie quelques lesbian vibes. J’ai notamment vu un chat dans la bande-annonce. Vous me raconterez.
  • La Coupe du Monde de foot féminin en France approche ! Je n’ai pas encore décidé quelle équipe j’allais supporter – comme beaucoup, je ne suis patriote que dans la victoire – mais j’ai une tendresse toute particulière pour les Américaines. Ce week-end, en l’honneur du Women’s History Month, les joueuses ont porté des maillots floqués des noms de femmes qui les inspirent. Megan Queen Rapinoe a choisi Audre Lorde, poétesse militante féministe lesbienne antiraciste.
  • Le 14 mars, c’est soirée Pulp au Rosa Bonheur des Buttes avec notamment Chloé, une bien belle bande-annonce IRL.
  • Un trailer pour Vernon Subutex est sorti. On y aperçoit Céline Sallette en la Hyène et Fishbach qui joue Anaïs, son love interest.
J’aimerais beaucoup qu’on la croise au Purple.

Allez, bisous.