#35 – say qui ?

Bonjour les ami·e·s,

Un jour, Montesquieu a écrit (palme de l’accroche la plus pourrie, mais restez hein) : “L’étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n’ayant jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé.” (Pensées diverses, Œuvres complètes, 1879, hypokhâgne option flûte traversière.)

Eh bien moi, je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure à errer sur Say Who n’ait dissipé. Say Who, c’est ce site de photos de soirées mondaines qui n’a plus aucun sens à l’heure d’Instagram, mais que je chéris encore pour son parfum vintage, car ça sent le Angel de Mugler, le Ruinart éventé et le tabac froid quand j’ouvre ce site.

Hier, j’étais toute chagrinée, en partie parce que fâchée d’être considérée comme une sous-citoyenne rapport au report de la PMA blabla, bref je râlais car ça arrivera probablement après la Coupe Bernard Tapine 2019 et la saison 8 de Game of Thrones (les deux en avril, ce qui n’est aucunement une coïncidence.)

J’ouvris donc ce remède à la mélancolie, en commençant Mlle Agnès et Anna Mouglalis qui dansent, et de fil en aiguille, boum, je tombai sur ceci :

👀 Constance Debré et Elisabeth Quin ! Ensemble ! A une soirée mondaine ! Rappel : on avait remarqué que Zaza Quinquin, éminente présentatrice de 28 Minutes et icône poivre et sel avant Fontanel, titillait Constance le Playboy sur Insta dans la #27, en mai dernier. Sans raison aucune – si ce n’est mon kink femmes de droite – l’existence de ce couple me rendrait très heureuse, merci d’y croire avec moi.


Musique, ou presque

  • Soko (elle au moins) a eu un bébé et les journaux, pour nous rappeler qui c’est, l’ont désignée de cette façon :

J’adore, déjà car leur histoire a duré genre 2 mois, quelque part en 2016 entre Alicia Cargile et St Vincent pour KStew. Bien avant l’ère Stella Maxwell. En fait, la vraie gloire, c’est quand on utilise ton nom pour désigner tes anciens plans cul (#lifegoal un peu.) Et surtout, cher Voici, je crois que tu aurais pu dire que Soko a été chanteuse un jour, mais je ne voudrais pas m’avancer car je n’y connais rien en musiques actuelles. J’y connais tellement rien que je commence seulement à comprendre l’engouement pour la « Lesbian Jesus » Hayley Kiyoko. Ce duo avec Kehlani est particulièrement intéressant. A ma décharge, le combo ancienne icône Disney Channel + autotune n’a pas aidé (pardon c’est extrêmement condescendant.)

  • Il faut bien avouer que ma came c’est plutôt les trucs les plus kitsch possibles des années 70-80 et aussi les hétéros quarantenaires. J’étais par conséquent la plus heureuse du monde mercredi dernier quand Barbara Carlotti et Juliette Armanet ont sorti un duo reprise de J’ai encore rêvé d’elle. (Chaque jour qui passe, ma playlist idéale ressemble un peu plus à celle de France Inter, je suis un vieux cliché c’est nul)

 


On va au cinéma


Ça y est, c’est le festival Chéries-Chéris ! ça veut dire qu’il y a pendant 10 jours des films LGBTQ+ dans les MK2 de tout Paris. Petite sélection de ce qu’on peut aller voir :

  • Malheureusement pas La Favorite de Yórgos Lánthimos car la séance est complète mardi 20, mais on se rattrapera à sa sortie en février 2019. Un triangle amoureux entre la Reine Anne d’Angleterre, Rachel Weisz et Emma Stone ? Parfait, ça fait au moins depuis les Adieux à la Reine que j’ai pas titillé mon côté royaliste.
  • Les Héritières, un film paraguyen sur de vieilles lesbiennes, what’s not to love ?
  • Eva + Candela, un film colombien sur l’histoire d’amour entre une réalisatrice et une actrice.
  • Game Girls, un docu sur un couple qui vit à Skid Row.
  • Dykes, Camera, Action, un docu sur l’histoire du cinéma par les femmes queer.

 

  • A part ça, vous pouvez aller voir Carmen & Lola, c’est très bien, c’est deux filles de la communauté gitane de la banlieue de Madrid qui tombent amoureuse et c’est fou que Rafiki soit sorti la même année, vu comment ces deux films se font écho.

 

  • Ça n’a rien de lesbien alors je ne vais quand même pas vous le conseiller ici, mais l’une des nombreuses choses intéressantes avec Un Amour Impossible, c’est sa réalisatrice, Catherine Corsini, qui nous avait servi la si jolie Belle Saison il y a trois ans. Déjà, l’autre jour quand Marie Richeux lui demandait d’où lui est venu l’envie d’adapter ce bouquin, elle a répondu : « c’est ma productrice, qui est aussi 👀 quelqu’un de très proche de moi 👀 qui m’a donné le livre. » (c’était si mignon),  puis elle est allée chez Géraldine Sarratia et c’était un des meilleurs épisodes 💜. Il faut l’entendre parler de son crush sur Anna Karina, puis sur une prof d’espagnol, puis sur les yeux verts de sa compagne.

 

  • Bon et sinon comment suis-je passée à côté de 50% des films de cette liste ? y a-t-il réellment un film qui s’appelle Lez Bomb ?

Séries

  • Sans Brain, je serais passé à côté de Back to Corsica, une série où l’héroine lesbienne (qui s’appelle Andréa, comparazar) revient dans sa Corse natale pour l’été.

Extrait de l’interview de la créatrice, Félicia Viti :

Moi aussi. Sinon j’ai bien aimé, ça m’a rappelé l’existence du Liptonic, par contre après pendant trois jours toutes les voix dans ma tête avaient l’accent corse. Oh et hello le love interest de l’héroïne :

Bref, débrouillez-vous pour trouver les épisodes.

 

  • Big Boo est très mécontente qu’Orange is the New Black s’arrête.

 

  • Ma vie pour Dix pour cent mais sérieux Colette qui est en train de transformer Andréa en gouine de cheminée ça va pas être possible. Blague à part, Fanny Herrero a donné une interview à Têtu et c’était bien jusqu’à ce moment très bizarre :

J’arrive pas vraiment à mettre le doigt dessus mais y a un truc là-dedans qui me chiffonne (“frange un peu radicale” ? c’toi la frange) Oh et sinon Andrea aurait pu aussi ne pas avoir d’enfant. Bref de toutes façons on va la regarder jusqu’au bout ta série.

  • Prochaine série sur ma to-watch list : 195 Lewis.


Quoi d’autre ?

  • C’est dingue l’effacement des femmes queer de l’Histoire. Il a quand même fallu que je rentre dans ma ville natale et que mon père me fasse la lecture du journal local pour que je découvre l’existence de Violette Morris, apparemment un sacré personnage – à la fois “hyène de la Gestapo” et “sportive polyvalente” – et désormais sa vie est adaptée en BD.

Oh.

  • [Linge sale] Aucune idée de ce qu’elle a fait pour mériter ça, mais Ruby Rose s’est fait violemment rembarrer par son ex sur Instagram.

  • Nouveau venu parmi les déclinaisons de Paye ta Schnek : Paye Ta Gouine (perso j’ai plus du tout la force de suivre ce genre de compte ça m’ôte des points de vie, mais c’est important je sais)

 

 

  • Vous pouvez désormais être ami·e de Gouinement Lundi ! C’est que 10 balles et si vous avez besoin d’arguments, cette vidéo devrait vous convaincre.

 

  • 🚨 ALERTE CONCURRENCE 🚨 Une nouvelle newsletter sur la popculture queer est née ! I like that. J’ai failli crier au scandale mais bon comme c’est Aline qui la fabrique ça va être bien, abonnez-vous ici.

 

  • Pas d’idées de cadeau pour Noël ? Pénélope Bagieu a trouvé une culotte Ellen.

C’est tout ! Allez, salut.