#33 – trois lettres : jpp.

Bonjour les ami·e·s,

Avant toutes choses, on va faire comme si. Comme si des évêques ne mettaient pas leur nez dans nos utérus pour donner leur avis sur ce sujet qu’ils maîtrisent si bien (les enfants), comme si des vieux mecs ne discutaient pas entre eux pour savoir si oui ou non nous sommes aptes à disposer de nos corps, et comme si on n’avait pas peur d’allumer la radio chaque matin si par malheur on se réveille avant l’heure d’Augustin. On va mettre des œillères deux secondes. Sinon je veux bien, hein, lister toutes les raisons pour lesquelles je suis très en colère mais après vous devrez me rendre visite à Fleury-Mérogis parce que j’aurais cédé à mes pulsions révolutionnaires et franchement c’est loin l’Essonne.

Ça va super sinon, juste dès que je vois surgir les trois lettres que-vous-savez dans un article, je me cache les yeux pour garder un semblant de santé mentale.

Trois autres lettres qui me aussi font sursauter, mais de façon beaucoup plus guillerette, c’est HER. Quel est le putain de problème de cette appli ? C’était pourtant une jolie idée sur le papier : une alternative à Tinder qui personnellement me propose à 75% des couples hétéros qui veulent un plan à trois, et à GayVox qui me rebute rien que par son nom.

J’étais ravie quand HER est arrivée en France, je me suis empressée de la télécharger pour ne jamais parler aux filles dessus, comme d’habitude. C’était il y a un peu plus de deux ans, il me semble. Et puis là il y a quelques mois, il s’est passé un truc bizarre. J’ai vu des articles surgir où la créatrice de l’appli, Robyn, nous explique ceci :

Donc non seulement la meuf lance une appli déjà lancée, mais en plus elle n’a visiblement jamais rencontré de lesbienne de sa vie. Okay. Sauf que le pire était à venir.

Un jour, I have rendu compte de ce qu’était ce lancement. C’était une tentative de version française, au sens mettons l’appli en français. Sauf que Robyn et ses copines n’ont probablement pas d’autres outils de traduction que Google. Et c’est triste. Tellement triste que cela en devient poétique. Florilège :

Bon en réalité moi je m’en fous je n’utilise cette appli que dans une optique de growth hacking pour cette newsletter (ma vie sentimentale = crusher sur des hétéros et attendre), mais enfin tout de même respectez-nous ! Utilisez du franglish qui a un sens ! Embauchez des gens ! Je suis sûre qu’il y en a même qui traduirait ces notifications bénévolement, par amour de la cause. Ou alors si ça se trouve c’est une opération marketing. Parce que force est de constater que je n’ai toujours pas désactivé les notifs, ça me fait LOL.


Quoi d’autre ?

  • [CINEMA] Le gouvernement kényan a levé la censure sur Rafiki et le film fait un carton au box-office. BOUM

 

(et ne parlons même pas de Lizzie.)

 

  • [CINEMA] ce n’est pas vraiment une actu, sauf pour moi car il est arrivé sur mon site de streaming, mais comment ai-je pu passer à côté d’Ocean’s 8 ? Et surtout de la relation crypto-lesbienne entre Cate Blanchett et Sandra Bullock ? Vanity Fair US en avait même fait un article.
passion womanspreading.

 

  • Voilà qui permet de répondre à l’une des questions que nous avons abordées lors de la merveilleuse émission de Gouinement Lundi : faut-il être gouine pour être une icône gouine ? La réponse est non, cf Cate Blanchett, donc.

 

  • Avez-vous vu cette vidéo extraordinaire du Bachelor vietnamien où une prétendante déclare sa flamme non pas au monsieur mais à une autre candidate ?? C’trop beau.

 

  • Il paraît qu’il faut lire cette BD, Moi ce que j’aime c’est les monstres, qui semble très queer.

 

  • Virginie Despentes a découvert les stories sur Instagram. Elle fait également partie du jury du Goncourt et n’est donc certainement pas innocente dans le choix de cette seconde sélection. Il ne reste plus qu’un seul roman écrit par une meuf : Salma Ya Salama là, dont je parlais la dernière fois et que nous nous efforcerons par conséquent de soutenir malgré tout.

 

 

  • [AGENDA] Le 25 novembre, Cheek Magazine organise un talk autour des nuits lesbiennes avec la question suivante : « Que reste-t-il de la culture Pulp ? » Va-t-on un jour dépasser le mythe du Pulp ? Toutes les lesbiennes sont-elles intrinsèquement nostalgiques d’une époque qu’elles n’ont même pas vécue ? Suis-je vraiment née 10 ans trop tard ?

 

Allez, salut !