#31 – rentrée.

Bonjour les ami·e·s,

Je place la scène entre mes 6 et 8 ans, c’est assez flou car bien refoulé. Je marche dans la rue avec ma mère, nous nous adonnons probablement à quelque activité capitalistique de type dévaliser une librairie ou un magasin de disques. Une femme adulte m’arrête et me demande : « Pourriez-vous me donner l’heure, jeune homme ? »

Il est vrai qu’à l’époque, les portables n’existaient pas, les montres servaient encore à quelque chose et il se trouve que j’en avais une très belle et très proéminente. J’entends encore l’interjection de ma mère : « Bah ! » Mais la politesse surpassant la stupéfaction, je n’ai pas corrigé la dame, je lui ai donné l’heure et nous avons continué notre chemin sans évoquer l’incident.

Je le place parmi mes petites humiliations enfantines un peu rigolotes, entre la fois où j’ai marché plusieurs minutes tranquillement dans la rue avec une crotte de pigeon dans ma capuche sans m’en rendre compte (c’est d’ailleurs une vendeuse de ladite librairie qui m’a sauvée et nettoyée) et la fois où, lors d’un exposé sur la Rome Antique au collège, ma langue a fourché et j’ai dit « le Sénat est l’orgasme du gouvernement » au lieu de « l’organe central ». Sauf que j’en parle beaucoup moins.

A l’époque, ça faisait plusieurs années que j’avais décidé de ne plus porter de robes ni de jupes. J’avais pris cette décision en moyenne section de maternelle, quand j’ai remarqué que les garçons adoraient soulever les jupes et robes des filles pour voir ce qu’il y avait en dessous, une atteinte à ma pudeur que je trouvais inadmissible. Men are trash dès la maternelle hein. Donc dès les photos de classe de moyenne section, je suis en pantalon / t-shirt / sweat. J’ai recommencé à porter très occasionnellement des robes vers mes 20 ans. Et j’avais aussi intégré un rejet de tout ce qui « faisait fille » genre : les trucs à fleurs, en dentelle ou de couleur rose.

Résultat : je m’habillais au rayon garçon, forcément. A cet âge-là, c’est comme quand on est très vieux : les différences sexuelles ne sont pas très marquées, garçons et filles sont très indifférencié·e·s. Et j’étais à la fois fière de ce look et j’en avais honte, comme j’ai honte de cette anecdote.

C’est pour ça que ce matin, sur Twitter, quand j’ai vu toutes ces photos d’enfants trop cute sur le #NiPapeNiPsychiatre, j’ai été super émue. Alors évidemment le Pape est homophobe, et évidemment c’est pas grave de voir un psychiatre, mais surtout c’est pas obligatoire. Tout a déjà été dit là-dessus. Au-delà de ça, ce qui m’a touché, c’est de voir cette déferlante de photos toutes plus mignonnes les unes que les autres. Et parfois, des petites filles ont des looks de petit garçon, d’autres fois elles sont en rose avec une poupée. Pareil pour les garçons. Et on s’en fout en fait. Tout le monde est si choupi. Vivement la queerocratie.

Qui déjà demandait récemment qui était la Reine des lesbiennes ? Facile : c’est l’initiatrice de ce hashtag, Alice Coffin.


Kristen Stewart.

(oui, c’est une catégorie si je veux.)

Kristen Stewart fait plein de trucs en ce moment, je ne sais plus où donner de la tête :

  • La bande-annonce de Lizzie, un film avec Chloë Sevigny, est sortie. C’est l’histoire (vraie) d’une meuf accusée d’avoir tué sa belle-mère puis son père. Oh et elle a une love story avec sa domestique.

(cette interview réservoir à gifs est à regarder en entier ici)

 

  • Kristen prépare un autre film où elle incarnera Jean Seberg.
Fiou, voilà qui ne va pas arranger mon souci avec les blondes aux cheveux courts.

 

  • On l’a vue dans un clip jouer une hétéro certes, mais une hétéro canon et wild.

 

  • Elle sera dans le prochain numéro de Mastermind !! Un magazine que vous ne connaissez que si vous vous intéressez d’un peu trop près à la mode (ou aux mannequins, comme moi.) Le scoop Lesbien Raisonnable : C’est Constance Debré qui l’a interviewée. Eh ouais.

 

  • Avez-vous déjà ressenti l’envie d’être un tronc d’arbre ? Maintenant oui.

  • Et peut-être le plus important dans tout ça : elle et sa meuf se sont fait des gratouillis d’oreille dans la rue.
(ou alors elles se font écouter un podcast.)

 


Quoi d’autre ?

 

  • C’EST LA RENTRÉE ! Pardon je hurle mais j’aime beaucoup cette période de l’année. Certain·e·s en profitent pour prendre des bonnes résolutions, et si vous êtes parisien·ne·s et que voulez vous mettre au sport (quelle idée ¯\_(ツ)_/¯ mais pourquoi pas après tout) je ne peux que vous conseiller de vous inscrire par ici au Paname Boxing Club. Pourquoi ? 1) les boxeuses c’est mega hot; 2) c’est un club LGBTQ+ qui nécessite plus d’adhérentes de type “L”.

 

  • C’est aussi la rentrée des soirées ! Par exemple, vous pourrez aller à la Wet for me du 8 septembre, ou à la Kidnapping jeudi.

 

  • [Cinéma] Beaucoup, mais alors beaucoup trop de choses à dire sur cet article du Guardian. Essayons de réduire la chose en trois points :
    • Pourquoi les Français traduisent-ils aussi bizarrement les titres de films ? The Miseducation of Cameron Post qui devient Come As You Are, et Wild Things = Sex Crimes chez nous (oh la belle madeleine de Proust) WTF?
    • Ellen Page va tomber amoureuse de Kate Mara dans My Days of Mercy 🔥 En fait elles font la course avec KStew pour devenir la reine de nos cœurs, c’est ça ?
    • Suis-je une mauvaise lesbienne si j’aime quand même un peu La Vie d’Adèle ?

 

  • [Encore du cinéma] J’espère que vous avez pris votre carte UGC-bidule parce que regardez tous les films qu’on va avoir bientôt ! Je suis extrêmement hypée par Vita & Virginia (Woolf, donc) – peut-être qu’un jour on aura un film sur Simone et Violette. Et Rafiki sort bientôt chez nous, j’en reparlerai.

 

  • [Passion podcasts] Je ne suis pas certaine de vous avoir assez enjoint d’écouter la série Quouïr. Le dernier épisode avec Evelyne était assez parfait.

 

  • [Passion podcasts #2]  J’avoue que je ne m’étais pas assez intéressé à Regard, parce que “gnagna beauté maquillage Birchbox gnagna rien à foutre” et en fait j’ai adoré les deux épisodes que j’ai écoutés : Rachel et Marie. Ça ne parle pas du tout de Birchbox mais beaucoup du rapport de ces personnes – lesbiennes en l’occurrence – à la beauté, à la féminité et aux normes sociales qui vont avec.

 

 

  • Ruby Rose a quitté Twitter car des gens ont dit qu’elle n’était “pas assez lesbienne” pour jouer Batwoman.
Non, aucune vibe, zéro.

 

  • [Nos ami·e·s les hétéros] Aujourd’hui dans la vie des hétéros, je voulais évoquer ce compte instagram, T’as joui. Parce que ça me rend un peu triste pour elles et très contente pour moi.

 

  • Vous êtes désœuvrées des séries après avoir bingé la saison 6 d’Orange is the new black en un seul week-end ? Vous pouvez regarder Hanebado, un anime de badminton lesbien. Ça me rappelle tellement le collège. En parlant d’OITNB, avez-vous vu ce scoop sur qui sort avec Daddy IRL ?

 

  • Chris a fait la couv de Télérama et son interview était chouette, en plus à un moment elle parle de sa langue et de son ex.

Ailleurs dans l’interview, elle a parlé de sa sexualité pan, et ça a fait toute une histoire parce des gens ont tronqué la phrase. Komitid a dû faire un debunk et tout.

  • [information capillaire] Lena Waithe s’est coupé les cheveux. BOOM.

 

  • Dimanche 26 août, c’était l’anniversaire du MLF (#passionINA) et quand même, pardonnez-moi cette lapalissade, mais qu’est-ce qu’on connaît mal notre histoire ! Féministe ET lesbienne ! Têtu a fait un article où on trouve plein de comptes Instagram d’archives LGBT+ à suivre, mais genre zéro français. Il nous faut absolument un Insta “Fuck Yeah Les Meufs du MLF”, voire une série Netflix The MLF Word. ça tombe bien, ils n’ont pas assez de “L”, eux non plus.

 

  • D’ailleurs, on ne cesse de nous teaser le retour de The L Word. C’est drôle, à l’époque, j’ai eu un crush sur chacun de ces trois personnages successivement, pile dans cet ordre :

Allez, salut.